La Celle saint Cloud 25 avril 2020

Il y a tous les jours du nouveau dans le petit monde de tout ce qui pousse à ras de terre, et j’ai du mal à suivre! De plus, la menace du passage des tondeuses se précise. Le répit n’aura été que de courte durée, et bientôt toutes ces petites merveilles seront sacrifiées sur l’autel du jardinage conservateur: rien ne doit dépasser qui n’ait pas été expressément autorisé.

Commençons donc par un petit tour des pelouses et des plates-bandes au pied de l’immeuble. Quoi de neuf?

Sur une pelouse ombragée bien humide, Vicia sepium, la vesce des haies. Le gros plan de la fleur permet de bien visualiser les fleurs caractéristiques des Fabaceae (ou Leguminosae). Un grand pétale qui se dresse dans le vent, c’est « l’étendard »; deux pétales placés face à face sous l’étendard, les « ailes », enserrent deux autres pétales généralement soudés l’un à l’autre par en-dessous qui forment comme la coque d’un bateau, c’est la « carène » (qu’on aperçoit à peine sur la photo). Qui a dit que les botanistes n’étaient pas aussi poètes?

Par ailleurs, cette forme si particulière de la corolle dite « papilionacée » permet d’aller directement à la famille ce qui est bien pratique quand on cherche le nom d’une fleur.

Autour d’une souche, une petite colonie de lierre terrestre, Glechoma hederacea, (Lamiaceae) prospère tranquillement.

Glechoma hederacea

Geranium molle se distingue par ses feuilles au contour arrondi et ses pétales échancrés d’un rose tendre. La photo montre le fruit caractéristique des Geraniaceae. Il atteint chez certaines espèces des dimensions surprenantes par rapport à la petite taille des fleurs. Le géranium sauvage n’a rien à voir avec le géranium des balcons, qui lui fait d’énormes fleurs… mais pas de fruits!

Encore une véronique! Et… oui c’est une nouvelle. C’est fantastique. Celle-ci, Veronica chamaedrys, se distingue par une inflorescence en grappe et par le fait qu’elle forme facilement des tapis, parsemés de ces fleurs d’un bleu intense ravissant.

Veronica chamaedrys

Quelle surprise de tomber sur cette belle euphorbe, Euphorbia lathyris (Euphorbiaceae) ou euphorbe épurge, au milieu d’une pelouse très pentue et très tassée où pas grand chose ne pousse! Ses feuilles opposées disposées en croix sont très caractéristiques.

Cette grande et robuste Brassicaceae, aux très nombreuses petites fleurs blanches s’appelle Lepidium draba, la passerage drave. C’est une plante « rudérale », qui s’implante volontiers dans les lieux très modifiés par l’homme comme les décombres ou … les plate-bandes! Elle est marrante avec ses petits pétales blancs rangés n’importe comment.

De retour dans la zone des châtaigniers, sur un talus (oui, il y a en gros 3 ballades possibles en partant de la résidence, donc on passe un peut tout le temps aux mêmes endroits… mais de jour en jour les fleurs ne sont pas les mêmes!) attardons-nous sur deux Asteraceae similaires: feuilles en rosette à la base type pissenlit, capitules à fleurs jaunes toutes en forme de languettes (on dit « ligulées »).

La première est a priori Hypochaeris radicata, la porcelle enracinée.

La deuxième, Hieracium glaucinum, l’épervière bleuâtre, se distingue de la précédente par: ses feuilles quasi entières, pétiolées et tachées de violet, son inflorescence en corymbe de capitules alors que la précédente présente des capitules solitaires au sommet d’une longue tige et enfin par une pilosité plus abondante…

On est là dans les Asteraceae liguliflores jaunes, un vaste ensemble de « pissenlits » pour le jardinier qui ne rêve que de les éradiquer à tout jamais, en fait une diversité de genres et d’espèces pour le botaniste…

Le gaillet gratteron, Galium aparine, produit de longues tiges à section carrée, portant des feuilles groupées par 6 ou 8 au même niveau (on dit « verticilliées »), l’ensemble couvert de poils très accrochants. Les fleurs blanches sont minuscules, à pétales en étoile. Famille des Rubiaceae.

Le sceau de Salomon, plante typique des sous-bois, a des airs de muguet un peu dopé aux hormones… Je le trouve très beau avec ses feuilles bien rangées d’un côté et ses fleurs de l’autre. Polygonatum multiflorum, famille des Convallariaceae.

Polygonatum multiflorum

Et maintenant que voici que voilà? Si je m’attendais à le trouver en pleine ville celui-là! C’est la bonne surprise de la journée. Convallaria majalis, famille : Convallariaceae. Je ne vous fait pas l’insulte de vous donner son nom vernaculaire!

La parenté avec le sceau de Salomon est frappante.

Convallaria majalis

2 commentaires sur « La Celle saint Cloud 25 avril 2020 »

  1. Chère Françoise,
    le premier paragraphe m’a poussée à aller voir le coin d’herbe le plus proche de chez moi, près de la Garonne. Une vraie forêt vierge dans laquelle se cachaient les moineaux ! Je n’avais jamais vu à Toulouse un tel enchevêtrement de plantes que tu pourrais herboriser pendant des heures.
    Oui, le déconfinement est une menace assurée…
    Mais cela fera aussi du bien de pouvoir allonger les promenades…
    Mille bises
    Claire

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