Saint Malo 7 mai 2023

En visite à Saint Malo, nous profitons de l’air vivifiant et de la biodiversité à l’occasion d’une belle promenade (assortie d’un pique-nique et d’une sieste réparatrice à mi parcours!) avec nos amis bretons. Depuis que je m’intéresse aux petites bêtes en plus des fleurs, j’ai tendance à marquer de plus en plus d’arrêts, mais ils ont été fort patients… Qu’ils en soient remerciés!

Côté botanique, beaucoup d’espèces typiques du littoral, milieu que je connais très peu, cela fait donc une jolie ballade avec des découvertes…

Le silène maritime, Silene vulgaris subsp. maritima , Caryophyllaceae, se distingue du silène vulgaire par son port prostré et ses feuilles épaisses.

Matthiola sinuata, la giroflée des dunes, de la famille des Brassicaceae, est une plante typique du littoral Atlantique et méditerranéen. Elle se plaît dans les sables du littoral, plus précisément dans les dunes stabilisées. Le premier spécimen rencontré s’accrochait à flanc de falaise, et la photo en gros plan aurait présenté des risques certains… Heureusement j’en ai repéré d’autres ensuite, dans des situations moins aventureuses!

Les fleurs sont généralement roses, parfois blanches. Ici c’est la variété blanche qui domine. Le nom d’espèce fait référence au bord ondulé des feuilles.

Sans doute échappé d’un jardin, Narcissus x medioluteus, Amaryllidaceae, le narcisse bicolore, ne peut théoriquement pas se reproduire ni se maintenir à l’état sauvage, dixit l’INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel). Le x dans le nom d’espèce désigne un hybride. Il est bien joli quand même.

L’armérie maritime, Armeria maritima, est strictement inféodée au bord de mer, son nom d’espèce l’indique doublement. En effet le nom de genre est dérivé de « armor » qui signifie « bord de mer ». Ceci dit, et c’est là que ça devient plus rigolo, c’est qu’il existe une espèce Armeria … alpina, que l’on trouve en montagne! On peut la voir en photo dans la ballade du grand Area, Hautes Alpes. Famille des Plumbaginaceae.

Elle forme des touffes d’un beau rose très agréables à regarder.

Un beau coléoptère s’est installé sur une ombelle de Daucus carotta, la carotte sauvage. Après avoir passé en revue toutes les chrysomèles mentionnées dans l’excellent blog de Gilles Carcassès, je pense qu’il s’agit de Chrysolina bankii, reconnaissable à ses pattes et antennes rouges. Les chrysomèles ont leur propre famille, les Chrysomelidae.

Une belle plante que la mauve arborée, Malva arborea, Malvaceae, déjà rencontrée… au Lavandou! La carte de répartition de l’INPN m’indique qu’en effet on la rencontre surtout sur le littoral Ouest (sauf dans les Landes) et le littoral méditerranéen. Comme toutes les mauves elle est comestible et médicinale.

Il existe de nombreuses variétés de tamaris, cultivé pour ses gracieuses grappes de petites fleurs roses. Tamarix gallica, quant à lui, pousse spontanément sur le littoral méditerranéen, et s’est acclimaté un peu partout en France là où il y a des sols humides. Famille des Tamaricaceae.

Anthyllis vulneraria, l’anthyllide vulnéraire, Fabaceae, est présente un peu partout en France, mais curieusement en Bretagne seulement sur le littoral. Elle aime les lieux ensoleillés et les pelouses sèches (ceci explique peut-être cela, rapport au climat breton…). Comme son épithète « vulnéraire » l’indique, elle est censée soigner les plaies et les bosses. J’ai l’habitude de la rencontrer en montagne, comme à Vallouise en 2021.

Le chemin nous emmène au sein d’une zone plus buissonneuse, c’est alors que retentit le chant si particulier de la Bouscarle de Cetti qui dit: « Je… je… je… Je suis la Bouscarle de Cettiiii! » Ce petit passereau discret est difficile à observer car il reste à couvert dans les buissons. Par contre son chant puissant est immanquable. Il aime les zones humides bordées de végétation assez haute. Je l’ai entendu plusieurs fois en Bretagne mais jamais vu! Son nom scientifique est Cettia Cetti, famille Scotocercidae.

Nous sommes arrivés au point le plus éloigné de la promenade (cf. Carte). Les espèces suivantes ont donc été vues sur le chemin du retour.

Encore un cousin breton d’une plante vue au Lavandou, Allium roseum, Amaryllidaceae.

Présent aussi sur tout le littoral, Lagurus ovatus, le lagure ovale, dit aussi « queue de lièvre » ou « gros minet »! Cultivée comme ornementale, cette Poacée n’en est pas moins indigène.

Carduus tenuiflorus, Asteraceae, le chardon à petits capitules (et à grandes épines), se rencontre un peu partout en France dans les friches hautes et ensoleillées.

Eurydema oleracea, la punaise potagère, existe en plusieurs couleurs, blanc, orange ou rouge. Voir cette superbe photo sur le site Nature Yvelines. Moi j’ai tiré la version à dessins blancs.

Ne m’étant pas encore lancée dans la malacologie, je vous livre cette identification brute de fonderie: voici … des escargots … mais en masse!

Voici une petite plante bien adaptée au littoral, avec son port prostré, ses feuilles linéaires un peu charnues, elle s’accommode de sols sablonneux et surtout à forte salinité. Spergularia media, la spergulaire ou spargoute moyenne. C’est une Caryophylliaceae, cousine des oeillets et des silènes. Les fleurs peuvent être blanches ou roses.

La sauge verveine, Salvia verbenaca, se distingue de Salvia pratensis par des feuilles plus divisées et des fleurs plus petites. Elle aime la chaleur et les sols secs. Famille des Lamiaceae.

Lycopsis arvensis (ex Anchusa arvensis dans les anciennes flores) est une plante annuelle. On voit tout de suite son appartenance à la famille des Borraginaceae par ses feuilles hérissées de poils raides, ses fleurs d’un beau bleu à corolle fermée par des écailles. C’est une plante des lieux cultivés.

Pour finir cette petite merveille, Sphaerophoria scripta, le syrphe porte plume, famille des Syrphydae, qui me prête donc sa plume pour signer cet article!

Françoise

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