Etang du Corra 10 Septembre 2022

Belle sortie en forêt de saint Germain, en compagnie de l’Association Naturaliste des Yvelines (ANY). Notre accompagnatrice avait bien préparé son affaire et nous a promenés de fleur en fleur et d’arbre en arbre avec un flair infaillible, en nous abreuvant d’informations techniques ou anecdotiques. Je n’ai pas tout noté donc il vaut mieux retranscrire rapidement ce que j’ai gardé en mémoire!

L’endroit mérite d’autres sorties, plus tôt en saison, car là nous avons fait beaucoup de thanatobotanique! La biodiversité y est riche, malgré la présence, comme partout, de nombreuses espèces envahissantes.

Retour épique en vélo pour ma part! Sous une pluie diluvienne, impossible de recharger mon téléphone avec la batterie externe. Ce matin j’ai retrouvé le câble complètement fondu, ceci explique peut-être cela… Bref le guidage, que de toute façon je voyais guère à travers mes lunettes embuées, m’a laissé tomber à Sartrouville, au moment de tourner à droite après avoir traversé la Seine… Retour au jugé ensuite, et manifestement je ne connais pas encore très bien ma banlieue ouest… Bouh c’était long… et humide.

Mignonne allons voir si la rose… ou plutôt les roses. Deux espèces très proches par leurs folioles glanduleuses en dessous et à odeur de pomme au froissement. Famille des Rosaceae.

  • Rosa rubiginosa, rosier rouillé: folioles larges et arrondies à la base, sépales dressés et persistants sur le fruit. Epines de deux sortes, les unes robustes et crochues, les autres fines et droites.
  • Rosa agrestis, rosier des haies: folioles elliptiques ou lancéolées, en coin à la base, sépales tombants à maturité.

Quercus robur, le chêne pédonculé, présente des feuilles dont le limbe forme à la base deux oreillettes arrondies. Les glands sont portés par un long pédoncule contrairement au chêne sessile que nous n’avons malheureusement pas vu. Famille des Fagaceae.

Acer platanoides, Erable plane, à feuilles opposées, palmatilobées à lobes aigüs. Famille des Sapindaceae.

Ulmus minor, Ulmaceae, l’orme champêtre, a la particularité de développer des plaques de liège au niveau de l’écorce.

Cette molène à feuilles longuement décurrentes est vraisemblablement Verbascum densiflorum la molène à grandes fleurs. Le spécimen est un peu fatigué c’est la fin de la saison! Une Scrophulariaceae.

Verbascum blattaria, la molène blattaire ou herbe aux mites, des feuilles beaucoup plus petites, sessiles, crénelées voir un peu pennatifides. Les fleurs sont jaunes avec une gorge violacée. Après avoir photographié un spécimen en fruits, j’ai eu la chance d’en repérer plusieurs autres encore en fleur un peu plus loin!

Senecio inaequidens, le séneçon du Cap, est une exotique envahissante qui a colonisé tous les bords de routes et de voies ferrées un peu partout en France. En plus de supplanter la flore locale elle est toxique pour le foie des animaux qui la consomment. Une vraie peste. Famille des Asteraceae.

Je me demandais depuis un moment quel était son nom, il faut dire que quand je la croise je suis généralement à bord d’un train ou d’une voiture. Première fois que je le vois dans un contexte où je peux l’examiner, ce qui ne me fait pas spécialement plaisir vu que sa présence n’a rien de rassurant dans un milieu que l’on aurait préféré préservé!

Portulaca oleracea, Portulaceae, le pourpier commun, est signalé en expansion suite aux récents étés spécialement chauds. Il se plait dans les interstices des trottoirs en ville et autres micro déserts. C’est une plante comestible riche en oligo éléments, à consommer avec modération toutefois en raison de la présence d’acide oxalique.

Deux belles plantes habituées des zones humides, Eupatorium cannabinum, l’eupatoire à feuilles de chanvre, Asteraceae et Epilobium hirsutum, l’épilobe hirsute, Onagraceae.

L’aulne glutineux, Alnus glutinosa, Betulaceae, est un arbre monoïque c’est-à-dire que les inflorescences mâles et femelles sont distinctes mais portées par le même pied. Les cônes femelles sont pédonculés. Les feuilles sont larges et souvent (mais pas toujours, voir photo!) tronquées voire échancrées au sommet.

Eleagnus angustifolia, l’Olivier de Bohème, Eleagnaceae, nous vient d’Europe de l’Est. Il est considéré comme envahissant aux Etats-Unis. A première vue on pourrait le prendre pour un saule mais la forme du fruit montre qu’il n’en est rien!

Une Lamiaceae des bords de l’eau, Lycopus europaeus, le lycope d’Europe.

Cette rosette est un cynoglosse, Cynoglossum officinale vraisemblablement (car c’est la seule espèce présente en région parisienne). Cette plante bisannuelle prépare ainsi sa floraison de l’année prochaine. Des spécimens en fruits étaient présents mais je n’ai pas eu la patience de les prendre en photo. C’est une Borraginaceae. Cynoglosse signifie « langue de chien »; dans la même famille nous avons aussi la Buglosse, qui veut dire « langue de bœuf! »

Phytolacca americana, le raisin d’Amérique, Phytolaccaceae, encore une belle étrangère. Le monde entier est parti en Amérique, mais en échange Phytolacca americana a conquis le monde entier!

Pentanema squarrosum, ex Inula conyza ou inule conyze est une belle plante rameuse, avec un involucre à folioles joliment recourbées. Famille des Asteraceae.

Aristolochia clematitis, Aristolochicaeae. L’aristoloche clématite se rencontre en région parisienne suivant une répartition curieuse, qui suit strictement les vallées des fleuves et rivières. Je n’ai pas photographié celles que nous avons vues. J’en profite pour ressortir un vieux souvenir: une planche d’herbier de ma jeunesse. Le spécimen conservé ici a été récolté dans la vallée de l’Essonne, à Corbeil-Essonnes.

Voici le houblon, Humulus lupulus, Cannabaceae, dont les cônes servent à parfumer la bière.

Une autre plante d’usage traditionnel, le fusain, Euonymus europaeus, Celastraceae. Son bois brulé donne le fusain pour dessiner. Les fruits sont très curieux en forme de « bonnet d’évêque ».

Quercus rubra, Fagaceae, le chêne rouge d’Amérique a été largement planté en Europe pour sa magnifique couleur rouge à l’automne. Les feuilles sont grandes et divisées en lobes aigüs.

Cette sortie m’a permis de découvrir , en sous-bois, deux Lamiaceae que je n’avais encore pas observées!

Nepeta cataria, Lamiaceae, népéta cataire ou herbe aux chats.

Ensuite Leonorus cardiaca, Lamiaceae, agripaume cardiaque, une grande plante malheureusement en fin de floraison, assez rare. Elle est caractérisée par ses feuilles découpées en trois lobes.

Plus banal, Clinopodium menthifolium ou plutôt dans la nomenclature en vigueur Clinopodium nepeta subsp. sylvaticum, Lamiaceae.

Retour au bord de l’eau avec Saponaria officinalis, Caryophyllaceae, la saponaire officinale. Cette plante contient comme son nom l’indique de la saponine et peut être utilisée pour laver les tissus délicats ou pour faire du shampoing.

Encore une plante envahissante, la renouée du Japon, Fallopia japonica, Polygonaceae. C’est une grande plante vigoureuse à la croissance très rapide et au mode de propagation très efficace, considérée comme l’un des 100 pires envahisseurs de la planète (source wikipédia)!

La bryone dioïque, Bryonia dioïca, Cucurbitaceae, est une plante grimpante qui s’accroche aux autres grâce à ses vrilles.

Le cornouiller, Cormus mas, Cornaceae, déjà mentionné au printemps dans le blog, est maintenant en fruits. On en fait de très bonnes confitures. Cru ce n’est pas mauvais, mais avec un arrière goût râpeux!

Le cerisier de sainte Lucie, Prunus mahaleb, Rosaceae a des petites feuilles très différentes des cerisiers de nos jardins.

Voilà, c’était une belle sortie. J’ai trouvé très agréable de me laisser guider par une botaniste passionnante et chevronnée, au lieu de patauger sans fin avec ma flore. L’endroit mérite d’y retourner au printemps ou en été pour revoir les espèces en fleurs. Par contre je suis effarée par la multiplication (en nombre d’espèces) et la prolifération (en nombre de pieds) des espèces exotiques plus ou moins envahissantes.

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