En sortant de saint Germain en Laye par la N13, sur la gauche, on trouve le lycée agricole et horticole de saint Germain en Laye. Celui-ci domine un paysage de prairies et de bois, traversé par le ru de Buzot. Il est possible de se promener le long du ru. Le coin est bucolique à souhait et on y trouve quantité d’espèces végétales. C’est là que, récemment déconfinés, nous avions décidé de passer l’après-midi. L’idée m’en a été donnée par le site de l’association des naturalistes en Yvelines, dont il faudra que je me rapproche un jour… Pour la retraite!




Au début de la promenade une prairie s’étend sur notre gauche. Plusieurs Fabaceae s’y rencontrent, dont en particulier plusieurs vesces (Vicia). Rétrospectivement je regrette de ne pas avoir pris plus de soin à les photographier (stipules, calices, vrilles), car l’identification sur photo s’avère très délicate. Il semble en plus que je sois allée de l’une à l’autre, comme une abeille, si bien que l’ordre chronologique de prise des photos n’aide pas non plus!
Vicia bithynica, la vesce de Bithynie, est reconnaissable à ses fleurs bicolores et à ses stipules larges et fortement dentées.



Ici on est sur Vicia sativa de façon quasi certaine: folioles larges, fleurs subsessiles.

Le gaillet croisette, Cruciata laevipes, est reconnaissable à ses feuilles à trois nervures, verticillées par quatre. La plante est tout entière d’un vert jaunâtre, très hérissée, avec des tiges simples. Les fleurs minuscules mais très nombreuses, jaunâtres, se confondent avec les feuilles. Famille des Rubiaceae.




Ce lierre terrestre (Glechoma hederacea) m’a beaucoup intriguée car il semble avoir des feuilles verticillées par trois au lieu d’opposées comme c’est le cas chez toutes les Lamiaceae. Mes recherches ne m’ont pas permis d’établir si des cas de feuilles verticillées chez Glechoma hederacea étaient connus. Devrais-je faire une communication à l’académie des sciences?


Ervilia hirsuta s’est longtemps appelée Vicia hirsuta et l’on ne s’en portait pas plus mal. C’est une plante grêle, avec des fleurs très petites, d’un blanc bleuâtre en grappes courtes. Famille des Fabaceae.


Cerastium semidecandrum, le Ceraiste à 5 étamines est reconnaissable non pas au nombre d’étamines (encore que?) mais au fait que les bractées et les sépales ont tous une marge scarieuse. Famille des Caryophyllaceae.




On arrive enfin au bord de l’eau, voire même les pieds dans l’eau. Ce bel iris jaune, Iris pseudacorus, est emblématique de ce milieu. Famille des Iridaceae.


Autre plante qui ne pousse que les pieds dans l’eau, le cresson, Nasturtium officinale, famille des Brassicaceae.



Un Sonchus asper (Asteraceae) croisé au bord du chemin.



Toujours en passant au bord du chemin, Veronica chamaedrys, la véronique petit chêne (Plantaginaceae). Photos de piètre qualité…

La véronique « cresson de cheval », Veronica beccabunga, Plantaginaceae, est une familière des cours d’eau. Elle se distingue des autres véroniques par son allure robuste et ses grandes feuilles.


J’aime beaucoup les fleurs des pervenches dont la forme particulière rappelle un petit moulin à vent. Vinca major, la grande pervenche, se distingue de Vinca minor par des feuilles plus grandes à marge légèrement ciliée. Famille des Apocynaceae.

La luzerne cultivée est une Fabacée bien connue car très utilisée comme plante fourragère, et aussi en agriculture biologique (et traditionnelle) parce qu’elle a la vertu de fixer l’azote de l’air, et ainsi de fertiliser le sol pour la culture qui suivra. Au-delà de la luzerne cultivée, il y a dans la nature sauvage un grand nombre d’espèces de luzernes. Toutes ont la particularité d’avoir un fruit (la gousse) au minimum courbé, le plus souvent contourné en hélice, souvent épineuse.
Medicago arabica, Fabaceae, la luzerne d’Arabie, présente ce genre de fruits très caractéristiques. Elle possède aussi des feuilles à trois folioles, comme toutes les luzernes, mais chaque foliole a aussi généralement une tache noirâtre.



Symphytum officinale, Borraginaceae, a des feuilles longuement décurrentes, c’est-à-dire que le limbe se prolonge sur la tige qui donne ainsi l’impression d’être ailée. C’est une plante médicinale utilisée autrefois pour ses vertus cicatrisantes. Les fleurs sont le plus souvent d’un blanc jaunâtre mais parfois aussi se teintent de rose.



Sur le chemin du retour, une prairie en pente et le sentier qui la traverse accueillent de nombreuses espèces de plein soleil. Rien d’exceptionnel, des classiques, chères à mon cœur car certaines font partie des toutes premières espèces que j’ai pu apprendre à identifier, autrefois…
Cette Brassicaceae m’a donné du fil à retordre car les fruits ne sont pas à maturité, or sans les fruits, elles sont toutes pareilles les Brassicacae! Les feuilles sont grandes, lyrées, avec un lobe terminal très grand, le pédicelle des fleurs et surtout des fruits appliqué contre l’axe: Brassica nigra ou Sinapis nigra dans la flore de Coste, la moutarde noire. Je me demande toutefois s’il n’y a pas deux espèces différentes dans les spécimens photographiés…







Encore une petite Fabaceae bien sympathique, Lotus corniculatus, le lotier corniculé.

Les résédas sauvages, famille des Resedaceae, n’ont pas le parfum suave des résédas cultivés, mais des fleurs très spéciales que l’on n’oublie pas. Comment distingue-t-on Reseda lutea, le réséda jaune, de Reseda luteola, le réséda jaunâtre? Pas par la couleur des fleurs en fait, mais plutôt par la forme de l’inflorescence en grappe conique pour le premier et en épi allongé pour le second.




Cette plante a un joli nom, la pimprenelle, Poterium sanguisorba, Rosaceae. Les fleurs mâles et femelles sont distinctes, souvent sur la même plante. Là j’ai photographié des fleurs mâles.


La campanule raiponce, Campanula rapunculus, a une tige dressée et raide, des feuilles petites et étroites et des fleurs en cloche avec des lobes profondément découpés. Famille des Campanulaceae.


On ne présente plus ce compagnon hélas devenu rare (merci Monsanto) des moissons. Papaver rhoeas, famille des Papaveraceae. Son nom vient du latin papa, la soupe: on mettait des graines de coquelicot dans la soupe des enfants pour les faire dormir. En effet on trouve (mais pas en France) dans la même famille le pavot, dont on tire l’opium…

Et hop encore une vesce. Vicia cracca se distingue par ses longues grappes de fleurs bien alignées et se feuilles à nombreuses folioles. Fabaceae.


Salvia pratensis, Lamiaceae.

Deux gesses, Lathyrus latifolius à fleurs roses et à grandes feuilles et Lathyrus pratensis à fleurs jaunes et à petites feuilles se côtoient. Fabaceae.




Et pour finir, Malva sylvestris, Malvaceae n’est pas spécialement une plante de sous-bois comme son nom le laisserait croire, mais plutôt de bords de chemins. Ses feuilles sont grandes et entières.

