Bon le tour du balcon est quand même vite fait allons un peu plus loin.
En marge d’une pelouse rigoureusement et réglementairement tondue, quelques manifestations de la nature décidément indomptable et c’est tant mieux. Ce joli bonbon rose c’est Trifolium pratense, la gourmandise des lapins. Famille des Fabaceae. Cette famille compte de nombreuses plantes fourragères comme la luzerne et aussi comestibles comme le pois, le haricot, la fève (Faba en latin qui donne Fabaceae).
A côté du trèfle, une petite fleur blanche que nous avons déjà vue…

Et voici encore une véronique! Avec les feuilles entières, opposées et sans pétiole, et ses fleurs pâles veinées de bleu, on aboutit à Veronica serpyllifolia, la véronique à feuilles de serpolet. Mais les véroniques c’est drôlement subtil… En tout cas je n’avais jamais réalisé qu’il y en avait une telle diversité juste en bas de chez moi. Famille des Plantaginaceae.

« Te fais pas de mouron » disait-on autrefois… Toujours dans la même pelouse, voici le mouron rouge, Anagallis arvensis. Pour une raison qui m’échappe, il est dans la même famille que la primevère, les Primulaceae. J’ai toujours été fascinée par la couleur rare de cette petite fleur.

Deux mètres plus loin (j’ai été chien d’arrêt dans une vie antérieure), voici la luzerne lupuline, quel nom mignon, Medicago lupulina, famille des Fabaceae.

En bordure de sous-bois, le géranium herbe-à-robert. Qui est ce Robert? En fait il s’agit d’une déformation étymologique. On l’appelait herba rubea ou ruberta au Moyen âge du fait de la couleur souvent rougeâtre des tiges. « Ruberta » a donné Robert! Le plus drôle c’est que le nom scientifique actuel, Geranium robertianum, a pour ainsi dire officialisé cette confusion. Les Geranium sont parfois un peu compliqués à identifier mais celui-ci est facilement reconnaissable avec ses feuilles très découpées. Famille des Geraniaceae.
Nous voici maintenant sur une pelouse très rase, mais assez humide, à l’ombre des fameux châtaigniers centenaires de la Celle saint Cloud. Ici croissent quelques jacinthes des bois, un peu isolées car peut-être pas complètement dans leur habitat de prédilection. Il faut dire que le bout de pelouse est coincé entre deux rues où il y a habituellement beaucoup de voitures. Hyacinthoides non-scripta, famille des Asparagaceae (famille de l’asperge!). A côté d’elle, un Carex sans plus de précision car je n’y connais rien de rien en Carex. Sa présence confirme toutefois que le lieu est humide.

Oooh, un bouton d’or (lol)! Oui mais houlala attention il y a bouton d’or et bouton d’or. Ici on est sur Ranunculus bulbosus parce que: le pédicelle (axe qui porte la fleur) est sillonné, les feuilles basales sont palmées, et surtout les sépales sont rabattus contre le pédicelle. Qu’on se le dise. On remarque qu’il y a tout plein d’étamines, et un fruit avec des carpelles distincts, signes à quoi l’on reconnait la famille des Ranunculaceae.
Cette très jolie mais très petite fleur est une valérianelle (petite valériane). La détermination de l’espèce nécessite en principe d’avoir les fruits, mais on ne les a pas, donc on reste sur Valerianella sp. Famille des Caprifoliaceae. Valerianella locusta est comestible, c’est la mâche dont on mange les jeunes feuilles en salade.
J’ai été contente de voir celle-ci, parce que les saxifrages sont plutôt des plantes de montagne (étymologiquement la saxifrage est la plante qui « casse les cailloux »). Deux espèces sont toutefois présentes en région parisienne, dont celle-ci, Saxifraga granulata. Famille des Saxifragaceae, ce qui nous fait une famille de plus!
Et voici le véritable représentant (pour moi) de la famille des Plantaginaceae, Plantago lanceolata. Bien qu’un peu délaissés en phytothérapie, le plantain lancéolé comme le grand plantain aux feuilles plus larges et arrondies, très communs, ont de nombreuses propriétés anti-inflamatoires et anti-tussives. C’est un des rares remèdes naturels contre les allergies respiratoires qui marche un peu en traitement de fond (testé sur un échantillon de 1 personne :)).
Encore une toute petite Caryophyllaceae blanche, Arenaria serpyllifolia. Il faut la regarder de bien près pour en apprécier la finesse toute simple. Vive l’objectif macro.
Et pour finir un grand classique, Lapsana communis, famille des Asteraceae. Elle est très commune et assez facile à reconnaître avec ses grandes feuilles dentées et ses nombreux petits capitules à fleurs jaunes.















