La Celle saint Cloud 23 mars 2020

Ayant largement ratissé les jardins de la résidence (pour le moment, mais d’ici une ou deux semaines, d’autres plantes seront arrivées à floraison), je m’éloigne un peu, dûment munie de mon autorisation de sortie signée par moi-même, en direction de l’école…

Au bord d’un mur, avec ses feuilles d’un vert un peu glauque au découpage caractéristique, et ses fleurs jaunes aux pétales fripés, signe de la famille des Papaveraceae (comme le coquelicot), voici la grande chélidoine, Chelidonium majus. Cassez la feuille ou la tige, il en sort un lait jaune. Celui-ci est très efficace pour combattre les verrues, d’où son nom vernaculaire « herbe aux verrues ».

Petites fleurs à 4 pétales soudés entre eux à la base, 2 étamines formant un « V » comme « Véronique »: voici la véronique cymbalaire, Veronica cymbalaria. Nous avons rencontré une autre véronique dans le premier post. La première avait des fleurs bleues, celle-ci est à fleurs blanches. On trouve souvent ainsi plusieurs espèces du même genre au même endroit, et à la même époque de l’année.

En bordure d’un chemin arboré, donc un peu à l’ombre, voici une grande et belle brassicaceae, Alliaria petiolata. Ses feuilles froissées dégagent une odeur d’ail d’où son nom.

Et maintenant voici notre première Apiaeceae de ce blog, mais sans doute pas la dernière. On appelait autrefois cette vaste famille « ombellifères » on comprend tout de suite pourquoi en regardant les inflorescences en forme de parapluie. Cette famille compte de nombreuses plantes cultivées comme la carotte, le cerfeuil, le persil, mais aussi l’angélique et le fenouil. Celle-ci s’appelle aussi « cerfeuil de bois » ou « cerfeuil sauvage ». Le nom scientifique est Anthriscus sylvestris.

A noter que les Apiaceae comme les Brassicaceae sont très difficiles à identifier sans les fruits, et comme on est en début de saison, ceux-ci sont absents pour le moment. Note: revenir dans quelques semaines (facile c’est à 50 m de la maison…) pour prendre une photo des fruits…

Chic une Lamiaceae! Avec ses feuilles caractéristiques elle est facile à identifier, on l’appelle « ortie blanche ». C’est l’ortie qui ne pique pas, bien différente quand même de l’ortie qui pique, avec ses belles fleurs blanches à 2 lèvres! On l’appelle le lamier blanc, Lamium album de son nom scientifique. Et oui, cela nous fait un deuxième représentant du genre Lamium dans ce blog.

Un capitule de Taraxacum en fruit juste pour le plaisir des yeux:

Taraxacum sp.

Voici le « compagnon blanc », déjà en fleur, mais pas très en forme: ce specimen semble avoir un peu de mal à s’élancer vers le haut, serait-ce parce qu’il est infesté de pucerons? Silene latifolia de son nom scientifique, il appartient à la famille des Caryophyllaceae (comme la stellaire vue plus tôt). Son calice ventru lui vaut son nom de genre, par référence au dieu Silène… C’est aussi une plante dioïque: il y a des individus mâles et femelles séparés. On ne voit la différence qu’en regardant attentivement les fleurs: elles sont identiques pour les deux « sexes », seule les distinguent la présence d’étamines uniquement ou d’un unique pistil.

Au passage voici le fruit de la Capselle bourse-à-pasteur, qui donc est censé être en forme de bourse. C’est là qu’on voit qu’avoir les fruits est extrêmement utile pour l’identification de beaucoup de fleurs en général, et des Brassicaceae en particulier.

Capsella bursa-pastoris

Faisons maintenant la connaissance avec une plante qui ne paie pas de mine, qui passe totalement inaperçue, et après tout c’est peut-être cela sa force: personne ne l’embête! C’est la pariétaire de Judée, Parietaria judaica. C’est une plante typique des vieux murs que l’on trouve partout. Famille des Urticaceae (la famille de l’ortie). Compagne de l’homme depuis toujours, elle est comestible et possède également des vertus médicinales. Mais ses nombreuses fleurs émettent aussi un grande quantité de pollen allergisant. Personne n’est parfait même pas les fleurs!

Au passage admirons les fruits du lierre, Hedera helix, Araliaceae, qui tout l’hiver nourrissent les oiseaux.

Hedera helix

A qui sont ces jolies fleurs blanches au parfum suave? A ce stade je ne saurais le dire! De plus compétents que moi le peuvent sans doute, quant à moi je vais tout bonnement attendre d’avoir des feuilles et des fruits!

Fin de la promenade, de retour vers nos pelouses familières (rappelons qu’on était en expédition du côté de l’école primaire, quelle aventure en période de confinement!), on ne peut quand même pas omettre la jolie primevère. Encore une plante emblème du printemps, mais en plus celle-ci en revendique la primeur ! Primula est un diminutif du latin « prima », la première. Primula vulgaris, famille des Primulaceae.

2 commentaires sur « La Celle saint Cloud 23 mars 2020 »

  1. Pst ! Pst !
    La primevère aussi est comestible mais elle est trop jolie pour finir dans ma salade.
    Je ferai comme toi : j’attendrai la mutation d’autres fleurs😏
    Toujours merci !

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